Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/22

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nouveau l’etat de la question, j’exposerai de nouveau mon sentiment ; & j’attendrai que sur cet expose on veuille me montrer en quoi mes actions démentent mes discours. Mes adversaires de leur cote n’auront garde de demeurer sans réponse, eux qui possèdent l’art merveilleux de disputer pour & contre sur toutes sortes de sujets. Ils commenceront, selon leur coutume, par établir une autre question à leur fantaisie ; ils me la seront résoudre comme il leur conviendra : pour m’attaquer plus commodément, ils me feront raisonner, non à ma maniere, mais à la leur : ils détourneront habilement les yeux Lecteur de l’objet essentiel pour les fixer à droite à gauche ; ils combattront un fantôme & prétendront m’avoir vaincu : mais j’aurai fait. Ce que je dois faire, & je commence.

" La science n’est bonne à rien, & ne fait jamais, que du mal, car elle est mauvaise par sa nature. Elle n’est pas moins. inséparable du. vice que l’ignorance de la vertu. Tous les peuples lettres ont toujours été corrompus ; tous les peuples ignorons ont été vertueux : en un mot, il n’y a de vices que parmi les savons, ni d’homme vertueux que celui qui ne fait rien Il y a donc un moyen pour nous de redevenir honnêtes gens ; c’est de nous hâter de proscrire la science & les savans, de brûler nos bibliothèques, fermer nos