Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/234

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LETTRE

À MONSIEUR

LE NIEPS,

Ecrite de Montmorenci le 5 Avril 1759.

Eh vive Dieu ! mon bon ami, que votre Lettre est réjouissante ! des cinquante louis, des cent louis, des deux cents louis, des 4800 livres ! ou prendrai-je des coffres pour metre tout cela ? vraiment, je suis tout émerveillé de la générosité de ces MM. de l’Opéra ! Qu’ils ont change ! Ô les honnêtes gens ! il me semble que je vois déjà les monceaux d’or étalés sur ma table ! malheureusement un pied cloche, mais je le ferai reclouer, de peur que tant d’or ne vienne à rouler par les -trous du plancher, dans la cave, au lieu d’y entrer par la porte, en bons tonneaux bien relies, digne & vrai coffre fort, non pas tout-à-fait d’un Genevois, mais d`un Suisse. Jusqu’ici M. Duclos, m’a garde le secret sur brillantes offres, mais puisqu’il est charge de me les faire, il me les sera ; je le connois bien, il ne gardera surement pas l’argent pour lui. Ô ! quand je serai riche, venez, venez, avec vos monstres de l’Escalade, je vous ferai manger un brochet long comme ma chambre.

Ô ça, notre ami, c’est assez rire ; mais que l’argent vienne Revenons aux faits. Vous verrez par le Mémoire ci-joint, &