Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/269

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Tout sert à fomenter l’ardeur :
Hélas ! n’est-il pas tems encore
Que la paix regne dans mon cœur ?
Déjà de mon septieme lustre
Je vois le terme s’avancer ;
Déjà la jeunesse & son lustre
Chez moi commence à s’effacer.
La triste & sévere sagesse
Fera bientôt fuir les amours,
Bientôt la pesante vieillesse
Va succéder à mes beaux jours.
Alors les ennuis de la vie
Chassant l’aimable volupté,
On verra la philosophie
Naître de la nécessité ;
On me verra, par jalousie,
Prêcher mes caduques vertus,
Et souvent blâmer par envie
Les plaisirs que je n’aurai plus.
Mais malgré les glaces de l’âge,
Raison, malgré ton vain effort,
Le sage a souvent fait naufrage
Quand il croyoit toucher au port.
Ô sagesse ! aimable chimère !
Douce illusion de nos cœurs !
C’est sous ton divin caractere
Que nous encensons nos erreurs.
Chaque homme t’habille à sa mode,