Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/268

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Et qui toujours, dans un cœur tendre,
Commencent à se faire entendre
En faisant taire la raison ;
Mais du moins leurs leçons charmantes
N’imposent que d’aimables loix :
La haine & ses fureurs sanglantes
S’endorment à leur douce voix.
Des sentimens si légitimes
Seront-ils toujours combattus ?
Nous les mettons au rang des crimes,
Ils devroient être des vertus.
Pourquoi de ces penchans aimables
Le Ciel nous fait-il un tourment ?
Il en est tant de plus coupables,
Qu’il traite mains séverement.
Ô discours trop remplis de charmes !
Est-ce à moi de vous écouter ?
Je fais avec mes propres armes
Les maux que je veux éviter.
Une langueur enchanteresse
Me poursuit jusqu’en ce séjour ;
J’y veux moraliser sans cesse,
Et toujours j’y songe à l’amour.
Je sens qu’une ame plus tranquille,
Plus exempte de tendres soins,
Plus libre en ce charmant asyle,
Philosopheroit beaucoup moins.
Ainsi du feu qui me dévore