Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/281

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& du bémol, & des que les signes qui les expriment seront inhérens a la note, le bécarre deviendra entièrement superflu : je le retranche donc comme inutile ; je le retranche encore comme équivoque, puisque les Musiciens s’en servent souvent en deux sens absolument opposes, & laissent ainsi l’ecolier dans une incertitude continuelle fur son véritable effet.

À l’égard des changemens de ton, soit pour passer du majeur au mineur, ou d’une tonique a une autre, il n’est question que d’exprimer la premiere note de ce changement, de maniere a représenter ce qu’elle etoit dans le ton d’ou l’on sort, & ce qu’elle est dans celui ou l’on entre, ce que l’on fait par une double note séparée par une petite ligne horizontale comme dans les fractions, le chiffre qui est au-dessus exprime la note la note dans le ton d’ou l’on sort, & celui de dessous représente la même note dans le ton ou l’on entre : en un mot le chiffre inférieur indique le nom de la note, & le chiffre supérieur sert a en trouver le ton.

Voilà pour exprimer tous les sons imaginables en quelque ton que l’on puisse être ou que l’on veuille entrer. II faut passer a présent a la seconde partie qui traite des valeurs des notes & de leurs mouvemens.

Les Musiciens reconnoissent au moins quatorze mesures différentes dans la Musique : mesures dont la distinction brouille l’esprit des écoliers pendant un tems infini. Or je soutiens que tous les mouvemens de ces différentes mesures se réduisent uniquement a deux ; savoir, mouvement a deux tems & mouvement a trois tems ; & j’ose défier l’oreille la plus fine d’en trouver de naturels qu’on ne puisse exprimer avec toute la précision