Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/309

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qu’on à donnée aux nombres, & les nombres eux-mêmes étant les exposans de la génération des sons, rien n’est naturel que l’expression des divers sons par les chiffres Arithmétique.

Il ne faut donc pas être surpris qu’on ait tente quelquefois de ramener la Musique à cette l’expression naturelle. Pour peu qu’on réfléchisse sur cet Art, non en Musicien, mais en Philosophe on en sent bientôt les défauts : l’on sent encore que ces défauts sont inhérens au fond même du système, & dépendans uniquement du mauvais choix & non pas du mauvais usage de ses caracteres : car, d’ailleurs, on ne sauroit disconvenir qu’une longue pratique, suppléant en cela au raisonnement, ne nous ait appris à les combiner de la maniere la plus avantageuse qu’ils peuvent l’être.

Enfin, le raisonnement nous mene encore jusqu’à connoître sensiblement que la Musique dépendant des nombres elle devroit avoir la même expression qu’eux : nécessité qui ne naît pas seulement d’une certaine convenance générale : mais du fond même des principes physiques de cet Art.

Quand on est une fois parvenu- la, par une suite de raisonnemens bien fondes & bien conséquens, c’est alors qu’il faut quitter la Philosophie & redevenir Musicien, & c’est justement ce que n’ont fait aucun de ceux qui jusqu’à présent ont proposé des systèmes en ce genre. Les uns, partant quelquefois d’une théorie très-fine, n’ont jamais su venir à bout de la ramener à l’usage, & les autres, n’embrassant proprement que le mécanique de leur Art, n’ont pu remonter jusqu’aux grands principes qu’ils ne connoissoient pas, & d’ou cependant, il