Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/312

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quels sont les remèdes convenables qu’on y pourroit apporter, il est rare qu’on pousse l’examen jusque-là ; & après avoir la patience pendant des années entières de s’emplir la tête de sons, & la mémoire de verbiage, il arrive souvent qu’on est tout étonne de ne rien concevoir à tout cela, qu’en prend en dégoût la Musique & le Musicien, & qu’on laisser-là l’un & l’autre, plus convaincu de l’ennuyeuse difficulté de cet Art que de ses charmes si vantes.

J’entreprens de justifier la Musique des torts dont on l’accuse, & de montrer qu’on peut, par des routes plus courtes & plus faciles, parvenir à la posséder plus parfaitement, avec plus d’intelligence, que par la méthode ordinaire, afin que si le public persiste à vouloir s’y tenir, il ne s’en prenne du moins qu’à lui-même des difficultés qu’il y trouvera.

Sans vouloir entrer ici dans le détail de tous les défauts du système établi, j’aurai, cependant, occasion de parler plus considérables, & il sera bon d’y remarquer toujours que ces inconvéniens étant des suites nécessaires du fond même la méthode, il est absolument impossible de les corriger autrement que par une refonte générale, telle que je la propose ; il reste à examiner si mon système remédie en effet à tous ces défauts, sans en introduire d’équivalens, & c’est à cet examen que ce petit ouvrage est destine.

En général, on peut réduire tous les vices de la Musique ordinaire à trois classes principales. la premiere est la multitude des signes & de leurs combinaisons, qui surchargent inutilement l’esprit & la mémoire des Commençans, de façon que l’oreille étant forme, & les organes ayant acquis