Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/35

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Mais quand un peuple est une fois corrompu à un certain point, soit due les sciences y aient contribue ou non, faut-il les bannir ou l’en préserver pour le rendre meilleur ou pour l’empêcher de devenir pire ? C’est une autre question dans laquelle je me suis positivement déclare pour la négative. Car premièrement, puisqu’un peuple vicieux ne revient jamais à la vertu, il ne s’agit pas de rendre bons ceux qui ne le sont plus, mais de conserver tels ceux qui ont le bonheur de l’être. En second lieu, les mêmes causes qui ont corrompu les peuples servent quelquefois à prévenir une plus grande corruption ; c’est ainsi que celui qui s’est gâte le tempérament par un usage indiscret de la médecine, est force de recourir encore aux médecins pour se conserver en vie ; c’est ainsi que les arts & les sciences après avoir fait éclore les vices, sont nécessaires pour les empêcher de se tourner en crimes ; elles les couvrent au moins d’un vernis qui