Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/356

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de la modulation, &. transposant toute piece de Musique dans toutes sortes de tons avec la plus parfaite. facilite.

C’est ce qui me paroit découler évidemment de la pratique de mon système, & que je suis près de confirmer, non-seulement par des preuves de raisonnement, mais par l’expérience, aux yeux de quiconque en voudra voir l’effet.

Au reste ce que j’ai dit du Clavecin, s’applique de même à tout autre instrument, avec quelques légères différences par rapport aux instrumens à manche, qui naissent des différentes altérations propres à chaque ton : comme je n’écris ici que pour les Maîtres à qui cela est connu, je n’en dirai, que ce qui est absolument nécessaire, pour mettre dans son jour une objection qu’on pourroit m’opposer, & pour en donner la solution.

C’est un fait d’expérience que les différens tons de la Musique ont tous certain caractere qui leur est propre & les distingue chacun en particulier. L’À mi la majeur, par exemple, est brillant ; l’F ut fa est majestueux ; le si bémol majeur est tragique ; le sa mineur est triste ; l’us mineur est tendre ; & tous les tons ont de même, par préférence, je ne fais quelle aptitude à exciter tel ou tel sentiment, dont les habiles Maîtres savent bien se prévaloir. Or. puisque la modulation est la même dans tous les tons majeurs, pourquoi un ton majeur exciteroit-il une passion plutôt qu’un autre ton majeur ? Pourquoi le même passage du re au fa produit-il des effets différens, quand il est pris sur différentes fondamentales, puisque le rapport demeure le même. Pourquoi cet air joue en À mi la ne rend-il plus cette expression qu’il avoit