Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/362

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aise en adoptant celui de M. Sauveur, de diviser toute l’étendue d’une seule octave en 3010 décamérides ou intervalles égaux, dont les sons seroient représentes par des notes différemment figurées ; mais de quoi serviroient tous ces caracteres, puisque la diversité des sons qu’ils exprimeroient ne seroit non plus à la portée de nos oreilles, qu’à celle des organes de notre voix ? Il n’est donc pas moins inutile qu’on apprenne à distinguer l’ut double dièse, du re naturel, des que nous sommes contraints de le pratiquer sur ce même re, & qu’on ne se trouvera jamais dans le cas d’exprimer en note la différence qui doit s’y trouver, parce que ces deux sons ne peuvent être relatifs à la même modulation.

Tenons pour une maxime certaine que tous les sons d’un mode doivent toujours être considères, par le rapport qu’ils ont avec la fondamentale de ce mode-la, qu’ainsi les intervalles correspondans devroient être parfaitement égaux dans tous les tons de même espece ; aussi les considère-t-on comme tels dans la composition, & s’ils ne le sont pas à la rigueur dans la pratique, les Facteurs épuisent du moins toute leur habileté dans l’accord, pour en rendre la différence insensible.

Mais ce n’est pas ici le lieu de m’étendre davantage sur cet article : si de l’aveu de la plus savante Académie de l’Europe mon système à des avantages marques par-dessus la méthode ordinaire pour la Musique vocale, il me semble que ces avantages sont bien plus considérables dans la partie instrumentale, du moins, j’exposerai les raisons que j’ai de le croire ainsi ; c’est à l’expérience à confirmer leur solidité. Les Musiciens ne manqueront pas de se récrier, & de dire qu’ils