Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/433

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notre langue, & nous n’en avons point : nos prétendus accens ne sont que des voyelles ou des signes de quantité ; ils ne marquent aucune variété de sons. La preuve est que ces accens se rendent tous, ou par des


dans son traité de l’orateur, liv. III, n°. 44.

Hanc diligentiam subsequitur modus etiam et forma verborum, quod jam vereor ne huic Catulo videatur esse puerile. Versus enim veteres illi in hac soluta oratione propemodum, hoc est, numeros quosdam, nobis esse adhibendos putaverunt. Interspirationis enim non defatigationis nostræ, neque librariorum notis sed verborum et sententiarum modo, interpunctas clausulas in orationibus esse voluerunt : idque princeps Isocrates instituisse fertur, ut inconditam antiquorum dicendi consuetudinem, delectationis atque aurium causa (quemadmodum scribit discipulus ejus Naucrates), numeris adstringeret.

Namque hæc duo, musici, qui erant quondam iidem poëtæ, machinati ad voluptatem sunt versum, atque cantum, ut et verborum numero, et vocum modo, delectatione vincerent aurium satietatem. Hæc igitur duo, vocis dico moderationem, et verborum conclusionem, quoad orationis severitas pati possit, a poëtica ad eloquentiam traducenda duxerunt.

Voici le second, tiré d’Isidore, dans ses Origines, liv.I, ch. 20.

Præterea quædam sententiarum notæ apud celeberrimos auctores fuerunt, quasque antiqui ad distinctionem scripturarum carminibus et historiis apposuerunt. Nota est figura propria in litteræ modum posita ad demonstrandum unamquamque verbi sententiarumque ac versuum rationem. Notæ autem versibus apponuntur numero XXVI, quæ sunt nominibus infra scriptis, etc.

Pour moi, je vois là que du temps de Cicéron les bons copistes pratiquoient la séparation des mots et certains signes équivalens à notre ponctuation. J’y vois encore l’invention du nombre et de la déclamation de la prose attribuée à Isocrate. Mais je n’y vois point du tout les signes écrits des accens : et quand je les y verrais, on n’en pourrait conclure qu’une chose que je ne dispute pas et qui rentre tout-à-fait dans mes principes, savoir, que, quand les Romains commencerent à étudier le grec, les copistes pour leur en indiquer la prononciation, inventerent les signes des accens, des esprits, et de la prosodie ; mais il ne s’ensuivrait nullement que ces signes fussent en usage parmi les Grecs, qui n’en avoient aucun besoin.