Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/490

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AVERTISSEMENT

La querelle, excitée l’année derniere a l’Opéra, n’ayant abouti qu’à des injures, dites, d’un cote, avec beaucoup d’es prit, & de l’autre avec beaucoup, d’animosité, je n’y voulus prendre aucune part ; car cette espece de guerre ne me convenoit en aucun sens, & je sentois bien que ce n’etoit pas le tems de ne dire que des raisons. Maintenant que les Bouffons sont congédies, ou prêts a l’être, & qu’il n’est plus question de Cabales, je trois pouvoir hazarder mon sentiment, & je le dirai avec ma franchise ordinaire, sans craindre en cela, d’offenser personne ; il me semble même que, sur un pareil sujet, toute précaution seroit injurieuse pour les Lectures ; car j’avoue que j’aurois fort mauvaise opinion d’un Peuple*

[*De peur que mes Lecteurs ne prennent les dernieres lignes de cet alinéa pour une satyre ajoutée après coup, je dois les avertir qu’elles sont tirées exactement de la premiere édition de cette Lettre ; tout ce qui fuit fut ajoutée dans la seconde. ] qui donnneroit à des Chansons une importance ridicule ; qui feroit plus de cas de ses Musiciens que de ses Philosophes, & chez lequel il faudrait parler de Musique avec plus de circonspection que des plus graves sujets de morale.

C’est par la raison que je viens d’exposer