Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/553

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tems de chercher quelque asyle ou il leur soit permis de plaire impunément au Public.

Nous espérons aussi, pour la consolation des vrais Citoyens, & sur-tout des gens de goût qui fréquentent notre théâtre, que les Comédiens François, délaisses de tout le monde & surcharges d’affronts, seront bientôt obliges a fermer le leur, ce qui nous sera d’autant plus de plaisir que le coin de la Reine est compose de leurs plus ardens partisans, dignes admirateurs des farces de Corneille, Racine & Voltaire, ainsi que de celles des Intermèdes. C’est ainsi que les etrangers qui ont tous la grossièreté de rechercher la Comedie Françoise & l’Opéra Italien, ne trouvant plus a Paris que la Comedie Italienne & l’Opéra François, monumens précieux du goût de la nation, cesseront d’y accourir avec tant d’empressement ; ce qui sera un grand avantage pour le Royaume, attendu qu’il y fera meilleur vivre, & que les loyers n’y seront plus si chers.

Tout ce que nous avons fait est quelque, chose & ce n’est pas encore assez. J’ai découvert un fait sur lequel il est bon que vous soyez tous prévenus, afin de concerter la conduite qu’il faut tenir en cette occasion ; c’est que le Sieur Bambini, encourage par le succès de la Bohémienne, prépare un nouvel Intermede qui pourroit bien paroître encore avant son départ. Je ne puis comprendre ou diable il prend tant d’Intermèdes car nous assurions tous qu’il n’y en avoit que trois ou quatre dans toute l’Italie. Je crois, pour moi, que ces maudits Intermèdes tombent du Ciel tout faits par les Anges, exprès pour nous faire damner.