Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/572

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Je remarque, dans les erreurs sur la Musique ; deux de ces principes importans. Le premier qui a guide M. Rameau dans tous tes ecrits, &, qui pis est, dans toute sa Musique, est que l’harmonie est l’unique fondement de l’Art, que la mélodie en dérive, & que tous les grands effets de la Musique naissent de la seule harmonie.

L’autre principe, nouvellement avance par M. Rameau, & qu’il me reproche de n’avoir pas ajoute a ma définition de l’accompagnement, est que cet accompagnement représente le corps sonore. J’examinerai séparément ces deux principes. Commençons par le premier & le plus important, dont la vérité ou la fausseté démontrée, doit servir en quelque maniere de base a tout l’Art Musical.

Il faut d’abord remarquer que M. Rameau fait dériver toute l’harmonie de la résonance du corps sonore. Et il est certain que tout son est accompagne de trois autres sons harmoniques concomitans ou accessoires, qui forment avec lui un accord parfait, tierce-majeure. En cc sens, l’harmonie est naturelle & inséparable de la mélodie & du chant, tel qu’il puisse être, puisque tout son porte avec lui son accord parfait. Mais, outre ces trois sons harmoniques, chaque son principal en donne beaucoup d’autres qui ne sont point harmoniques & n’entrent point dans l’accord parfait. Telles sont toutes les aliquotes non réductibles par leurs octaves a quelqu’une de ces trois premieres. Or, il y a une infinité de ces aliquotes qui peuvent échapper a nos sens, mais dont la résonance est démontré par induction, & n’est pas impossible a confirmer par expérience. L’Art les a rejetées de l’harmonie, & voilà