Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/584

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du rhythme ou de la mesure, qui est une des parties constitutives de la mélodie, comme je l’ai fait voir ci-dessus.

Je ne suivrai point M. Rameau dans les exemples qu’il tire de tes Ouvrages pour illustrer son principe. J’avoue qu’il ne lui est pas difficile de montrer, par cette voie, l’infériorité de la mélodie ; mais l’ai parle de la Musique, de non de sa Musique. Sans vouloir démentir les éloges qu’il se donne, je puis n’être pas de son avis sur tel ou tel morceau ; & tous ces jugemens particuliers, pour ou contre, ne sont pas d’un grand avantage au progrès de l’Art.

Après avoir établi comme on a vu, le fait, vrai par rapport a nous, mais très-faux, généralement parlant, que l’harmonie engendre la mélodie, M. Rameau finit sa dissertation dans ces termes : Ainsi, toute Musique étant comprise dans l’harmonie, on en doit conclure que ce n’est qu’a cette seule harmonie qu’on doit comparer quelque science que ce soit, pag. 64. J’avoue que je ne vois rien a répondre a cette merveilleuse conclusion.

Le second principe avance par M. Rameau, & duquel il me reste a parler, est que l’harmonie représente le corps sonore. Il me reproche de n’avoir pas ajoute cette idée dans la définition de l’accompagnement. Il est à croire que si le l’y eusse ajoutée, il me l’eut reproche davantage, ou du moins avec plus de raison. Ce n’est pas sans répugnance que j’entre dans l’examen de cette, addition qu’il exige : car, quoique le principe que je viens d examiner, ne soit pas en lui-même plus vrai que celui-ci, l’on doit beaucoup l’en distinguer, en ce que si c’est une erreur, c’est au moins l’erreur d’un grand