Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/634

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& vice-versa, par l’altération de la Basse entre la dominante si bémol & la sixieme note ut bémol, puis il se résout enfin tout-a-fait sur la tonique dont la Basse sonne la médiante sol, après avoir passe par la sous-dominante la bémol portant tierce mineure & triton, ce qui fait toujours le même accord de septieme diminuée sur la note : sensible re.

Passons maintenant au glapissement nò des furies sur le si bécarre. Pourquoi ce si bécarre & non pas ut bémol comme a la Basse ? Parce que cc nouveau son, quoi qu’en vertu de l’enharmonique il entre l’accord précédent, n’est pourtant point dans le même ton & en annonce un tout différent. Quel est le ton annonce par ce si bécarre ? C’est le ton d’ut mineur dont, il devient note sensible. Ainsi l’âpre discordance du cri des furies vient de cette duplicité de ton qu’il fait sentir, gardant pourtant, ce qui est admirable, une étroite analogie entre les deux tons : car l’ut mineur, comme vous devez au moins savoir, est l’analogue correspondant du mi bémol majeur, qui est ici le ton principal.

Vous me ferez une objection. Toute cette beauté, me direz-vous, n’est qu’une beauté de convention & n’existe que sur le papier ; puisque ce si bécarre n’est réellement que l’octave de l’ut bémol de la Basse : car comme il ne se résout point comme note sensible, frais disparoit ou redescend sur le si bémol dominante du ton, quand on le par ut bémol comme a la Basse, le passage & son effet seroit le même absolument au jugement de l’oreille. Ainsi, toute cette merveille enharmonique n’est que pour les yeux.

Cette objection, mon cher Prête-Nom, seroit solide si la