Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/66

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Angelique.

Que trouvez-vous donc-là de si terrible ?

Marton.

Comment, terrible ! Vouloir marier une belle personne de dix-huit ans avec un homme de vint-deux, riche & bienfait ! La vérité, cela fait peur, & il n’y a point de fille en âge de raison à qui l’idée d’un tel mariage ne donnât la fièvre.

Lucinde.

Je ne veux rien cacher ; j’ai reçu en même tems une il lettre de Cléonte ; il sera incessamment à Paris ; il va faire agir auprès de mon pere ; il me conjure de différer mon mariage : enfin, il m’aime toujours. Ah, ma chere, serez -vous insensible aux alarmes de mon cœur & cette amitié que vous m’avez jurée....

Angelique.

Plus cette amitié m’est chere, & plus je dois souhaiter d’en voir resserrer les nœuds par votre mariage avec mon frere. Cependant, Lucinde, votre repos est le premier de mes desirs, & mes vœux sont encore plus conformes aux vôtres que vous ne pensez.

Lucinde.

Daignez donc vous rappeller vos promesses. Faites-bien comprendre à Léandre que mon cœur ne sauroit être à lui, que....

Marton.

Mon Dieu ! ne jurons de rien. Les hommes ont tant de