Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/100

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l’Harmonie, que ces Battemens produits par la concurrence de deux Sons, ne sont qu’une apparence acoustique, occasionnée par les vibrations coincidentes de ces deux Sons. Ces Battemens, selon lui, n’ont pas moins lieu lorsque l’Intervalle est consonnant ; mais la rapidité avec laquelle ils se confondent alors, ne permettant point à l’oreille de les distinguer, il en doit résulter, non la cessation absolue de ces Battemens, mais une apparence de Son grave & continu, une espece de foible Bourdon, tel précisément que celui qui résulte, dans les expériences citées par M. Serre, & depuis détaillées par M. Tartini, du concours de deux Sons aigus & consonants. (On peut voir au mot Systême, que des Dissonances les donnent aussi.) "Ce qu’il y a de bien certain, continue M. Serre, c’est que ces Battemens, ces vibrations coincidentes qui se suivent avec plus ou moins de rapidité, sont exactement isochrones aux vibrations que seroit réellement le Son fondamental, si, par le moyen d’un troisieme Corps sonore, on le faisoit actuellement résonner."

Cette explication, très-spécieuse, n’est peut-être pas sans difficulté ; car le rapport de deux Sons n’est jamais plus composé que quand il approche de la simplicité qui en sait une consonnance, & jamais les vibrations ne doivent coincider plus rarement que quand elles touchent presque à l’Isochranisme. D’où il suivroit, ce me semble, que les Battemens devroient se ralentir à mesure qu’ils s’accélerent, puis se réunir tort d’un coup à l’instant que l’Accord est juste.