Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/194

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Sons, il faut bien, disent-ils, que les vibrations s’accordent par Intervalles, mais non pas qu’elles se confondent trop souvent ; autrement au lieu de deux Sons on croiroit n’en entendre qu’un, & l’oreille perdroit le plaisir de la comparaison. C’est ainsi que du même principe on déduit à son gré le pour & le contre, selon qu’on jugé que les expériences l’exigent.

Mais premiérement toute cette explication n’est, comme on voit, fondée que sur le plaisir qu’on prétend que reçoit l’ame par l’organe de l’ouïe du concours des vibrations ; ce qui, dans le fond, n’est déjà qu’une pure supposition. De plus, il faut supposer encore, pour autoriser ce systême, que la premiere vibration de chacun des deux corps sonores commence exactement avec celle de l’autre ; car de quelque peu que l’une précédât, elles ne concourroient plus dans le rapport déterminé, peut-être même ne concourroient-elles jamais, & par conséquent l’Intervalle sensible devroit changer ; la Consonnance n’existeroit plus ou ne seroit plus la même. Enfin il faut supposer que les diverses vibrations des deux Sons d’une Consonnance frappent l’organe sans confusion, & transmettent au cerveau la sensation de l’Accord sans se nuire mutuellement : chose difficile à concevoir & dont j’aurai occasion de parler, ailleurs.

Mais sans disputer sur tant de suppositions, voyons ce qui doit s’ensuivre de ce systême. Les vibrations ou les Sons de la derniere Consonnance, qui est la Tierce mineure, sont comme 5 & 6, & l’Accord en est fort agréable. Que doit-il naturellement résulter de deux autres Sons dont les