Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/195

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vibrations seroient entre elles comme 6 & 7 ? Une Consonnance un peu moins harmonieuse, à la vérité, mais encore assez agréable, à cause de la petite différence des raisons ; car elles ne diffèrent que d’un trente-sixiemie. Mais qu’on me dise comment il se peut faire que deux Sons, dont l’un fait cinq vibrations pendant que l’autre en fait 6, produisent une Consonnance agréable, & que deux Sons, dont l’un fait 6 vibrations pendant que l’autre en fait 7, produisent une Dissonance aussi dure. Quoi ! dans l’un de ces rapports les vibrations s’accordent de six en six, & mon oreille est charmée ; dans l’autre elles s’accordent de sept en sept, & mon oreille est écorchée ! Je demande encore comment il se fait qu’après cette premiere Dissonance la dureté des autres n’augmente pas en raison de la composition des rapports ? Pourquoi, par exemple, la Dissonance qui résulte du rapport de 89 à 90, n’est pas beaucoup plus choquante que celle qui résulte du rapport de 12 à 13 ? Si le retour plus ou moins fréquent du concours des vibrations étoit la cause du degré de plaisir ou de peine que me font les Accords, l’effet seroit proportionné à cette cause, & je n’y trouvé aucune proportion. Donc ce plaisir & cette peine ne viennent point de-là.

Il reste encore à faire attention aux altérations dont une Consonnance est susceptible sans cesser d’être agréable à l’oreille, quoique ces altérations dérangent entiérement le concours périodique des vibrations, & que ce concours même devienne plus rare à mesure que l’altération est moindre. Il reste à considérer que l’Accord de l’Orgue ou du Clavecin ne