Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/202

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Aujourd’hui le nom de Contre-point s’applique spécialement aux Parties ajoutées sur un sujet donne, pris ordinairement du Plain-Chant. Le sujet peut être à la Taille ou à quelqu’autre Partie supérieure, & l’on dit alors que le Contre-point est sous le sujet ; mais il est ordinairement à la Basse, ce qui met le sujet sous le Contre-point. Quand le Centre-point est syllabique, ou Note sur Note, on l’appelle Contre-point simple ; Contre-point figuré, quand il s’y trouvé différentes figures ou valeurs de Notes, & qu’on y fait des Desseins, des Fugues, des Imitations : on sent bien que tout cela ne peut se faire qu’à l’aide de la Mesure, & que ce Plaint-Chant devient alors de véritable Musique. Une Composition faite & exécutée ainsi sur-le-champ & sans préparation sur un sujet donne s’appelle Chant sur le Livré, parce qu’alors chacun compose impromptu sa Partie ou soin Chant sur le Livré du Chœur. (Voyez CHANT SUR LE LIVRÉ.)

On a long-tems disputé si les Anciens avoient connu le Contre-point ; mais par tout ce qui nous reste de leur Musique & de leurs écrits principalement par les regles de pratique d’Aristoxène, Livré troisieme, on voit clairement qu’ils n’en eurent jamais la moindre notion.

CONTRE-SENS, s. m. Vice dans lequel tombe le Musicien quand il rend une autre pensée que celle qu’il doit rendre. La Musique, dit M. d’Alembert, n’étant & ne devant être qu’une traduction des paroles qu’on met en Chant, il est visible qu’on y peut tomber dans des Contre-sens, & ils n’y sont gueres plus faciles à éviter que dans une véritable traduction. Contre-sens dans l’expression, quand la Musique