Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/206

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Je suppose d’abord que le Copiste est pourvu de toutes les connoissances nécessaires à sa profession. Je lui suppose, de plus, les talens qu’elle exige pour être exercée supérieurement. Quels sont ces talens quelles sont ces connoissances ? Sans en parler expressément, c’est de quoi cet Article pourra donner une suffisante idée. Tout ce que j’oserai dire ici, c’est que tel Compositeur qui se croit un fort habile homme, est bien loin d’en savoir assez pour copier correctement la composition d’autrui.

Comme la Musique écrite, sur-tout en Partition, est faite pour être lue de loin par les Concertans, la premiere chose que doit faire le Copiste est d’employer les matériaux les plus convenables pour rendre sa Note bien lisible & bien nette. Ainsi il doit choisir de beau papier fort, blanc, médiocrement fin, & qui ne perce point : on préfere celui qui u’pas besoin de laver, parce que le lavage avec l’alun lui ôte un peu de sa blancheur. L’encre doit être très-noire, sans être luisante ni gommée ; la Réglure fine, égale & bien marquée, mais non pas noire comme la Note : il faut au contraire que les lignes soient un peu pâles, afin que les Croches, Doubles-croches, les Soupirs, Demi-soupirs & autres petits signes ne se confondent pas avec elles, & que la Note mieux. Loin que la pâleur des Lignes empêche de lire la Musique à une certaine distance, elle aide, au contraire, à la netteté ; & quand même la Ligne échapperoit un moment à la vue, la position des Notes l’indique assez le plus souvent. Les Régleurs ne rendent que du travail mal fait ; si le Copiste veut se faire honneur, il doit régler son papier lui-même.