Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/209

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Le nombre des Portées ainsi fixé, il faut faire la division des Mesures, & ces Mesures doivent être toutes égales en espace comme en durée, pour mesurer en quelque sorte le tems au compas & guider la voix par les yeux. Cet espace doit être assez étendu dans chaque Mesure pour recevoir toutes les Notes qui peuvent y entrer, selon sa plus grande subdivision. On ne sauroit croire combien ce soin jette de clarté sur une Partition, & dans quel embarras on se jette en le négligeant. Si l’on serre une Mesure sur une Ronde, comment placer les seize Doubles-croches que contient peut-être une autre Partie dans la même Mesure ? Si l’on se regle sur la Partie Vocale, comment fixer l’espace des Ritournelles ? En un mot, si l’on ne regarde qu’aux divisions d’une des Parties, comment y rapporter les divisions souvent contraires des autres Parties ?

Ce n’est pas assez de diviser l’Air en Mesures égales, il faut aussi diviser les Mesures en Tems égaux. Si dans chaque Partie on proportionne ainsi l’espace à la durée, toutes les Parties & toutes les Notes simultanées de chaque Partie se correspondront avec une justesse qui sera plaisir aux yeux & facilitera beaucoup la lecture d’une Partition. Si, par exemple, on partage une Mesure à quatre Tems, en quatre espaces bien égaux entr’eux & dans chaque Partie, qu’on étende les Noires, qu’on rapproche les Croches, qu’on resserre les Doubles-croches à proportion & chacune dans son espace, sans qu’on ait besoin de regarder une Partie en copiant l’autre, toutes les Notes correspondantes se trouveront plus exactement perpendiculaires, que si on les eût confrontées