Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/236

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Le genre Diatonique des Grecs resultoit de l’une des trois regles principales qu’ils avoient établie, pour l’Accord des Tétracordes. Ce Genre se divisoit en plusieurs especes, selon les divers rapports dans lesquels se pouvoir diviser l’Intervalle qui le déterminoit ; car cet Intervalle ne pouvoir se resserrer au-delà d’un certain point sans changer de Genre. Ces diverses especes du même Genre sont appellées χροας, couleurs, par Ptolomée qui en distingue six ; mais la seule en usage dans la pratique étoit celle qu’il appelle Diatonique-Ditonique, dont le Tétracorde étoit composé d’un semi-Ton foible & de deux Tons majeurs. Aristoxène devise ce même Genre en deux especes seulement ; savoir, le Diatonique tendre ou mol, & le Syntonique ou dur. Ce dernier revient au Diatonique de Ptolomée. (Voyez les rapports de l’un & de l’ autre, Pl. M. Fig.5.)

Le Genre Diatonique moderne résulte de la marche consonnante de la Basse sur les Cordes d’ un même Mode, comme on peut le voir par la Figure 7 de la Planche K. Les rapports en ont été fixés par l’usage des mêmes Cordes en divers Tons ; de sorte que, si l’Harmonie a d’ bord engendré l’Echelle Diatonique, c’est la Modulation qui l’a modifiée ; & cette Echelle, telle que nous l’avons aujourd’hui, n’est exacte ni quant au Chant, ni quant à l’Harmonie seulement quant au moyen d’employer les mêmes Sons à divers usages.

Le Genre Diatonique est, sans contredit, le plus naturel des trois, puisqu’il est le seul qu’ on petit employer sans changer de Ton. Aussi l’Intonation en est-elle incomparablement