Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/346

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que Gui employa d’abord la figure d’une main, sur les doigts de laquelle il rangea ses Notes, pour montrer les rapports de ses

Hexacordes avec les cinq Tétracordes des Grecs. Cette main a été en usage pour apprendre à nommer les Notes jusqu’à l’invention du si qui a aboli chez nous les Muances, & par conséquent la Main harmonique qui sert à les expliquer.

Gui Arétin ayant, selon l’opinion commune, ajouté au Diagramme des Grecs un Tétracorde à l’aigu, & une corde au grave, ou plutôt, selon Meibomius, ayant, par ces additions, rétabli ce Diagramme dans son ancienne étendue il appella cette corde grave Hypoprostambanomenos, & la marqua par les Grecs ; & comme cette lettre se trouva ainsi à la tête de l’échelle, en plaçant dans le haut les Sons graves, selon la méthode des Anciens, elle a fait donner à cette échelle le nom barbare de Gamme.

Cette Gamme donc, dans toute son étendue, étoit composée de vingt cordes ou Notes ; c’est-à-dire, de deux Octaves & d’une Sixte majeure. Ces cordes étaient représentées par des lettres & par des syllabes. Les lettres désignoient invariablement chacune une corde déterminée de l’échelle, comme elles sont encore aujourd’hui ; mais comme il n’y avoit d’abord que six lettres, enfin qui sept, & qu’il faloit recommencer d’Octave en Octave, on distinguoit ces Octaves par les figures des lettres. La premiere Octave se manquoit par des lettres capitales de cette maniere : I. A. B. &c. la seconde, par des caracteres courans g. a. b. ; & pour la Sixte sur numéraire, on employoit des lettres doubles, gg, aa, bb, &c,