Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/392

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qu’Aristoxène eût pu répondre. Car, de dire que l’ Instrument avoit été accordé sur la Voix, outre que c’est été tomber dans le cercle, cela ne pouvoit convenir aux Aristoxéniens, puisqu’ils avouoient tous avec leur Chef qu’il saloit exercer long-tems la Voix sur un Instrument de la derniere justesse, pour venir à bout de bien entonner les Intervalles du Chromatique mol & du Genre Enharmonique.

Or, puisqu’il faut des calculs non moins composés & même des opérations géométriques plus difficiles pour rnesurer les tiers & les quarts de Ton d’Aristoxène, que pour assigner les rapports de Pythagore, c’est avec raison que Nicomaque, Boece & plusieurs autres Théoriciens préféroient les rapports justes & harmoniques de leur Maître aux divisions du systême Aristoxénien, qui n’étoient pas plus simples, & qui ne donnoient aucun Intervalle dans la. justesse de si génération.

Il faut remarquer que ces raisonnemens qui convenoient à la Musique des Grecs ne conviendroient pas également à la ! nôtre, parce que tous les Sons de notre systême s’accordent par des Consonnances ; ce qui ne pouvoir se faire dans le leur que pour le seul Genre Diatonique.

Il s’ensuit de tout ceci, qu’Aristoxène distinguoit avec raison les Intervalles en rationnels & irrationnels ; puisque, bien qu’il fussent tous rationnels dans le systême de Pythagre, la plupart des Dissonances étoient irrationnelles dans le sien.

Dans la Musique moderne on considere aussi les Intervalles de plusieurs manieres ; savoir, ou généralement comme l’espace ou la distance quelconque de deux Sons donnés, ou seulement comme celles de ces distances qui peuvent se