Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/446

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MODULATION, s. f. C’est proprement la maniere d’établir & traiter le Mode ; mais ce mot se prend plus communément aujourd’hui pour l’art de conduire l’Harmonie &, le Chant successivement dans plusieurs Modes d’une maniere agréable à l’oreille & conforme aux regles.

Si le Mode est produit par l’Harmonie, c’est d’elle aussi que naissent les loix de la Modulation. Ces loix sont simples à concevoir, mais difficiles à bien observer. Voici en quoi elles consistent.

Pour bien moduler dans un même Ton, il faut 1°. en parcourir tous les Sons avec un beau Chant, en rebattant plus souvent les cordes essentielles & s’y appuyant davantage ; c’est-à-dire, que l’Accord sensible, & l’Accord de la Tonique doivent s’y remontrer fréquemment, mais sous différentes faces & par différentes routes pour prévenir la monotonie. 2º.N’établir de Cadences ou de repos que sur ces deux Accords, ou, tout au plus sur celui de la sous-Dominante. 3º. Enfin n’altérer jamais aucun des Sons du Monde ; car on ne peut, sans le quitter, faire entendre un Dièse ou un Bémol qui ne lui appartienne pas, ou en retrancher quelqu’un qui lui appartienne.

Mais pour passer d’un Ton à un autre, il faut.consulter l’analogie, avoir égard au rapport des Toniques ; & à la quantité des cordes communes aux deux Tons.

Partons d’abord du Mode majeur. Soit que l’on considere la Quinte de la Tonique, comme ayant avec elle le plus simple de tous les rapports après celui de l’Octave, soit qu’on la considere comme le premier des Sons qui entrent dans