Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/49

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de bas en haut ; remplir toujours l’Harmonie, autant qu’il se peut ; jouer proprement la Basse ; en un mot, se prêter à tout ce qu’exige le genre. Au contraire, en accompagnant de l’Italien, il faut frapper simplement & détacher les Notes de la Basse ; n’y faire ni Trills ni Agremens, lui conserver la marche égale & simple qui lui convient ; l’Accompagnement doit être plein, sec & sans arpéger, excepté le cas dont j’ai parlé numéro 3, & quelques Tenues ou Points d’Orgue. On y peut, sans scrupule, retrancher dis Sons ; mais alors il faut bien choisir ceux qu’on fait entendre ; en sorte qu’ils se fondent dans l’Harmonie & se marient bien avec la Voix. Les Italiens ne veulent pas qu’on entende rien dans l’Accompagnement, ni dans la Basse, qui puisse distraire un moment l’oreille du Chant ; & leurs Accompagnemens sont toujours dirigés sur ce principe, que le plaisir & l’intention s’évaporent en se partageant.

VI. Quoique l’Accompagnement de l’Orgue soit le même que celui du Clavecin, le goût en est très-différent. Comme les Sons de l’Orgue sont soutenus, la marche en doit être plus liée & moins sautillante : il faut lever la main entiere le moins qu’il se peut ; glisser les doigts d’une touche à l’autre, sans ôter ceux qui, dans la place où ils sont, peuvent servir à l’Accord où l’on passe. Rien n’est si désagréable que d’entendre hacher sur l’Orgue cette espece d’Accompagnement sec, arpégé, qu’on est forcé de pratiquer sur le Clavecin. (Voyez le mot DOIGTER.) En général l’Orgue, cet Instrument si sonore & si majestueux, ne s’associe avec aucun autre, & ne fait qu’un mauvais effet dans l’Accompagnement,