Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/646

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aux quatre que les Grecs employoient autrefois. Ces six syllabes sont les suivantes : ut re mi fa sol la, tirées, comme chacun fait, de l’Hymne de Saint Jean-Baptiste. Mais chacun ne fait pas que l’Air de cette Hymne tel qu’on le chante aujourd’hui dans l’Eglise Romaine, n’est pas exactement celui dont l’Arétin tira ses syllabes, puisque les Sons qui les sortent dans cette Hymne ne sont pas ceux qui les portent dans sa Gamme. On trouvé dans un ancien manuscrit conservé dans la Bibliotheque du Chapitre de Sens, cette Hymne, telle, probablement, qu’on la chantoit du tems de l’Arétin, & dans laquelle chacune des six syllabes est exactement appliquée au Son correspondant de la Gamme, comme on peut le voir (Pl. G. Fig.2) où j’ai transcrit cette Hymne en Notes de Plain-Chant.

Il paroît que l’usage des six syllabes de Guy ne s’étendit pas bien promptement hors de l’Italie, puisque Muris témoigne avoir entendu employer dans Paris les syllabes Pro to do no tu a, au lieu de celles-là. Mais enfin celle de Guy l’emporterent & surent admises généralement en France comme dans le reste de l’Europe. Il n’y a plus aujourd’hui que l’Allemagne où l’on solfie seulement par les lettres de la Gamme, & non par les syllabes : en sorte que la Note qu’en solfiant nous appellons la, ils l’appellent À ; celle que nous appellons ut, ils l’appellent C. Pour les Notes diésées ils ajoutent un s à la lettre & prononcent cet s, is ; en sorte, par exemple, que pour solfier re Dièse, ils prononcent Dis. Ils ont aussi ajouté la lettre H pour ôter l’équivoque du si, qui n’est B qu’étant Bémol ; lorsqu’il