Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/704

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l’Harmonie étant nécessairement comprise entre la Monade ou l’Unité composante & le Son plein ou l’Unité composée, il s’ensuit que l’Harmonie a, des deux côtés, l’Unité pour terme, & consiste essentiellement dans l’Unité.

L’expérience suivante, qui sert de principe à toute l’Harmonie artificielle, met encore cette vérité dans un plus grand jour.

Toutes les fois que deux Sons forts, justes & soutenus, se sont entendre au même instant, il résulte de leur choc un troisieme Son, plus ou moins sensible, à proportion de la simplicité du rapport des deux premiers & de la finesse d’oreille des écoutans.

Pour rendre cette expérience aussi sensible qu’il est possible, il faut placer deux Hautbois bien d’accord à quelques pas d’Intervalle, & se mettre entre deux, à égale distance de l’un & de l’autre. À défaut de Hautbois, on peut prendre deux Violons, qui, bien que le Son en soit moins fort, peuvent, en touchant avec forcé & justesse, suffire pour faire distinguer le troisieme Son.

La production de ce troisieme Son, par chacune de nos Consonnances, est telle que la montre la Table, (Pl. I, Fig. 8.) & l’on peut la poursuivre au-delà des Consonnances, par tous les Intervalles représentés par les aliquotes d l’Unité.

L’Octave n’en donne aucun, & c’est le seul Intervalle excepté.

La Quinte donne l’Unisson du Son grave, Unisson qu’avec de l’attention l’on ne laissé pas de distinguer.