Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/725

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quatre Cadences,

Basse-fondamentale de l’Echelle, sont égales entr’elles, & formant aussi quatre Mesures égales, une pour chaque Cadence, le tout donne un sens complet & une période harmonique. De plus, comme tout le Systême harmonique est fondé sur la raison double & sur la sesquialtere, qui, à cause de l’Octave, se confond avec la raison triple ; de même toute Mesure bonne & sensible se résout en celle à deux Tems ou en celle à trois : tout ce qui est au-delà, souvent tenté & toujours sans succès, ne pouvant produire aucun bon effet.

Des divers fondemens d’Harmonie donnés par les trois sortes de Cadences, & des diverses manieres de les entrelacer, naît la variété des sens, des phrases & de toute la Mélodie dont l’habile Musicien exprime toute celle des phrases du discours, & ponctue les Sons : aussi correctement que le Grammairien les paroles. De la Mesure donnée par les Cadences résulte aussi l’exacte expression de la prosodie & du Rhythme : car comme la syllabe breve s’appuie sur la longue, de même la Note qui prépare la cadence en levant s’appuie & pose sur la Note qui la résout en frappant ; ce qui divisé les Tems en forts & en foibles, comme les syllabes en longues & en breves : cela montre comment on peut, même en observant les quantités, renverser la prosodie & tout mesurer à contre-tems, lorsqu’on frappe les syllabes breves & qu’on leve les longues, quoiqu’on croye observer leurs durées relatives & leurs valeurs musicales.

L’usage des Notes dissonantes par Degrés conjoints dans les Tems foibles de la Mesure, se déduit aussi des