Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/741

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que tous les Intervalles semblables qui en seront formés soient aussi parfaitement égaux entr’eux.

Pour la pratique prenez, dit-il, telle touche du Clavecin qu’il vous plaira ; accordez-en d’abord la Quinte juste, puis diminuez-la si peu que rien : procédez ainsi d’une Quinte l’autre, toujours en montant, c’est-à-dire, du grave à l’aigu, jusqu’à la derniere dont le Son aigu aura été le grave de la premiere ; vous pouvez être certain que le Clavecin sera bien d’accord.

Cette méthode que nous propose aujourd’hui M. Rameau, avoir déjà été proposée & abandonnée par le fameux Couperin. On la trouvé aussi tout au long dans le P. Mersenne, qui en fait Auteur un nommé Gallé, & qui a même pris la peine de calculer les onze moyennes proportionnelles dont M. Rameau nous donne la formule algébrique.

Malgré l’air scientifique de cette formule, il ne paroît pas que la pratique qui en résulte ait été jusqu’ici goûtée des Musiciens ni des Facteurs. Les premiers ne peuvent se résoudre à se priver de l’énergique variété qu’ils trouvent dans les diverses affections des Tons qu’occasionne le Tempérament établi. M. Rameau leur dit en vain qu’ils se trompent, que la variété se trouvé dans l’entrelacement des Modes ou dans les divers Degrés des Toniques, & nullement dans l’altération des Intervalles ; le Musicien répond que l’un n’exclut pas l’autre, qu’il ne se tient pas convaincu par une assertion, & que les divises affections des Tons ne sont nullement proportionnelles aux différens Degrés de leur finales. Car, disent-ils, quoiqu’il n’y ait qu’un semi-Ton de distance