Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/743

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en affoiblissant les premieres Quintes pour baisser les Tierces majeures. II paroît donc que s’accoutumer à cette maniere d’Accord n’est pas, pour une oreille exercée & sensible, une habitude aisée à prendre.

Au reste, je ne puis m’empêcher de rappeller ici ce que j’ai dit au mot CONSONNANCE, sur la raison du plaisir que les Consonnances sont à l’oreille, tirée de la simplicité des rapports. Le rapport d’une Quinte tempérée selon la méthode de M. Rameau est celui-ci. music Ce rapport cependant plaît à l’oreille ; je demande si c’est par sa simplicité ?

TEMS. Mesure du Son, quant à la durée.

Une succession de Sons, quelque bien dirigée qu’elle puisse être dans sa marche, dans ses Degrés du grave à l’aigu ou de l’aigu au grave, ne produit, pour ainsi dire, que des effets indéterminés. Ce sont les durées relatives & proportionnelles de ces mêmes Sons qui fixent le vrai caractere d’une Musique, & lui donnent sa plus grande énergie. Le Tems est l’ame du Chant ; les Airs dont la mesure est lente, nous attristent naturellement ; mais un Air gai, vis & bien cadencé nous excite à la joie, & à peine les pieds peuvent-ils se retenir de danser. Otez la Mesure, détruisez la proportion des Tems, les mêmes Airs que cette proportion vous rendoit agréables, restés sans charme & sans forcé, deviendront incapables de plaire & d’intéresser. Le Tems, au contraire, a sa forcé en lui-même ; elle dépend de lui seul, & peut subsister sans la diversité des Sons. Le Tambour nous en offre un exemple, grossier toutefois & très-imparfait, parce que le Son ne s’y peut soutenir.