Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/753

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Les Cordes semblables, quoiqu’elles se solfiassent par les mêmes syllabes, ne portoient pas les mêmes noms dans tous les Tétracordes, mais elles avoient dans les Tétracordes graves des dénominations différentes de celles qu’elles avoient dans les Tétracordes aigus. On trouvera toutes ces différentes des nominations dans la Fig. 2 de la Pl. H.

Les Cordes homologues, considérées comme telles, portoient des noms génériques qui exprimoient le rapport de leur position dans leurs Tétracordes respectifs : ainsi l’on donnoit le nom de Barypycni aux premiers Sons de l’Intervalle serré, c’est-à-dire, au Son le plus grave de chaque Tétracorde ; de Mésopycni aux seconds ou moyens, d’Oxypycni aux troisiemes ou aigus ; & d’Apycni à ceux qui ne touchoient d’aucun côté aux Intervalles serrés. (Voyez Systême.)

Cette division du Systême des Grecs par Tétracordes semblables, comme nous divisons le nôtre par Octaves semblablement divisées, prouve, ce me semble, que ce Systême n’avoit été produit par aucun sentiment d’Harmonie, mais qu’ils avoient tâché d’y rendre par des Intervalles plus serrés les inflexions de voix que leur langue sonore & harmonieuse donnoit à leur récitation soutenue, & sur-tout à celle de leur Poésie, qui d’abord fut un véritable Chant ; de sorte que la Musique n’étoit alors que l’Accent de la parole & ne devint un Art séparé qu’après un long trait de tems. Quoi qu’il en soit, il est certain qu’ils bornoient leurs divisions primitives à quatre Cordes, dont toutes les autres n’étoient que les Répliques, & qu’ils ne regardoient tous les autres Tétracordes que comme autant de répétitions du premier.