Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/752

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Les deux Cordes extrêmes de chacun de ces Tétracordes étoient appellées immuables, parce que leur Accord ne changeoit jamais ; mais ils contenoient aussi chacun deux Cordes moyennes, qui, bien qu’accordées semblablement dans tous les Tétracordes, étoient pourtant sujettes, comme je l’ai dit, à être haussées ou baissées selon le Genre & même selon l’espece du Genre ; ce qui se faisoit dans tous les Tétracordes également : c’est pour cela que ces Cordes étoient appellées mobiles.

Il y avoit six especes principales d’Accord, selon les Aristoxéniens ; savoir, deux pour le Genre Diatonique, trois pour, le Chromatique, & une seulement pour l’Enharmonique. (Voy. ces mots.) Ptolomée réduit ces six especes à cinq. (Voyez Pl. M. Fig. 5.)

Ces diverses especes, ramenées à la pratique la plus commune, n’en formoient que trois, une par Genre.

I. L’Accord diatonique ordinaire du Tétracorde formoit trois Intervalles, dont le premier étoit toujours d’un semi-Ton, & les deux autres d’un Ton chacun, de cette maniere : mi, fa, sol, la.

Pour le Genre Chromatique, il faloit baisser d’un semi-Ton la troisieme Corde, & l’on avoit deux semi-Tons consécutifs, puis une Tierce mineure : mi, fa, fa Dièse, la.

Enfin pour le Genre Enharmonique, il faloit baisser les deux Cordes du milieu jusqu’à ce qu’on eût deux quarts-de-Ton consécutifs, puis une Tierce majeure : mi, mi demi-Dièse, fa, la ; ce qui donnoit entre le mi Dièse & le fa un véritable Intervalle enharmonique.