Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/757

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TIERCE de Picardie. Les Musiciens appellent ainsi, par plaisanterie la Tierce majeure donnée, au lieu de la mineure, à la finale d’un morceau composé en Mode mineur. Comme l’Accord parfait majeur est plus harmonieux que le mineur, on se faisoit autrefois une loi de toujours sur ce premier ; mais cette finale, bien qu’harmonieuse avoit quelque chose de mais & de mal-chantant qui l’a fait abandonner. On finit toujours aujourd’hui par l’Accord qui convient au Mode de la Piece, si ce n’est lorsqu’on veut passer du mineur au majeur : car alors la finale du premier Mode porte élégamment la Tierce majeure pour annoncer le second.

Tierce de Picardie ; parce due l’usage de cette finale est reste plus long-tems dans la Musique d’Eglise, &, par conséquent en Picardie, où il y a Musique dans un grand nombre de Cathédrales, & d’autres Eglises.

TIRADE, s. f. Lorsque deux Notes sont séparées par un Intervalle disjoint, & qu’on remplit cet Intervalle de toutes ses Notes diatoniques, cela s’appelle une Tirade. La Tirade différé de la Fusée, en ce que les Sons intermédiaires qui lient les deux extrémités de la Fusée sont très-rapides, & ne sont pas sensibles dans la Mesure, au lieu que ceux de la Tirade, ayant une valeur sensible, peuvent être lents & même inégaux.

Les anciens nommoient en Grec αγωγις, & en latin ductus, ce que nous appellons aujourd’hui Tirade ; & ils en distinguoient de trois sortes. 1º. Si les Sons se suivoient en montant, ils appelloient cela ευθεια, ductus rectus. 2º. S’ils se