Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/793

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entre les deux Voix vient donc de celle qu’il y a entre le larynx assis & en repos sur ses attaches, dans la parole, & ce même larynx suspendu sur ses attaches, en action & mû par un balancement de haut en bas & de bas en haut. Ce balancement peut se comparer au mouvement des oiseaux qui planent, ou des poissons qui se soutiennent à la même place contre le fil de l’eau. Quoique les aîles des uns & les nageoires des autres paroissent immobiles à l’œil, elles sont de continuelles vibrations ; mais si courtes & si promptes qu’elles sont imperceptibles.”

“Le balancement du larynx produit, dans la Voix de Chant ; une espece d’ondulation qui n’est pas dans la simple parole. L’ondulation soutenue & modérée dans les belles Voix se fait trop sentir dans les Voix chevrotantes ou foibles. Cette ondulation ne doit pas se confondre avec les Cadences & les Roulemens qui se sont par des mouvemens très-prompts & très-délicats de l’ouverture de la glotte, & qui sont composés de l’Intervalle d’un Ton ou d’un demi-Ton.”

“La Voix, soit du Chant, soit de la parole, vient toute entiere de la glotte pour le Son & pour le Ton ; mais l’ondulation vient entiérement du balancement de tout le larynx ; elle ne fait point partie de la Voix, mais elle en affecte la totalité.”

“Il résulte de ce qui vient d’être exposé, que la Voix de Chant consiste dans la marche par sauts d’un Ton à un autre, dans le séjour sur les Tons, & dans cette ondulation