Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/792

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les sépare : au lieu que celle du discours s’éleve & s’abaisse par un mouvement continu. 2º. Que la Voix de Chant se soutient sur le même Ton, considéré comme un point indivisible ; ce qui n’arrive pas dans la simple, prononciation.”

“Cette marche par sauts & avec des repos, est en effet celle de la Voix de Chant : mais n’y a-t-il rien de plus dans le Chant ? Il y a eu une Déclamation tragique qui admettoit le passage par saut d’un Ton à l’autre, & le repos sur un Ton. On remarque la même chose dans certains Orateurs. Cependant cette Déclamation est encore différence de la Voix de Chant.”

“M. Dodart, qui joignoit à l’esprit de discussion & de recherche la plus grande connoissance de la Physique, de l’Anatomie, & du jeu des parties du corps humain, avoit particulièrement porté son attention sur les organes de la Voix. Il observe, 1º. que tel homme, dont la Voix de parole est déplaisante, a le Chant très-agréable, & au contraire : 2º. que si nous n’avons pas entendu chanter quelqu’un, quelque connoissance que nous ayons de sa Voix de parole, nous ne le reconnoîtrons pas à sa Voix de Chant.”

“M. Dodart, en continuant ses recherches, découvrit que, dans la Voix de Chant, il y a de plus que dans celle de la parole, un mouvement de tour le larynx ; c’est-à-dire, de la partie de la trachée-artere qui forme comme un nouveau canal qui se termine à la glotte, qui en enveloppe & soutient les muscles. La différence