Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/90

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que des Sons fondamentaux de l’Harmonie ; de sorte qu’au-dessous de chaque Accord elle fait entendre le vrai Son fondamental de cet Accord, c’est-à-dire, celui duquel il dérive par les regles de l’Harmonie. Par où l’on voit que la Basse-fondamentale ne peut avoir d’autre contexture que celle d’une succession réguliers & fondamentale, sans quoi la marche des Parties supérieures seroit mauvaise.

Pour bien entendre ceci, il saut savoir que, selon le systême de M. Rameau que j’ai suivi dans cet Ouvrage, tout Accord, quoique formé de plusieurs Sons, n’en a qu’un qui lui soit fondamental ; savoir, celui qui a produit cet Accord ; & qui lui sert de Basse dans l’ordre direct & naturel. Or, la Basse qui regne sous toutes les autres Parties n’exprime pas toujours les Sons fondamentaux des Accords : car entre tous les Sons qui forment un Accord, le Compositeur peut porta à la Basse celui qu’il croit préférable, eu égard à la match de cette Basse, au beau Chant, & sur-tout à l’expression comme je l’expliquerai dans la suite. Alors le vrai Son fondamental, au lieu d’être à sa place naturelle qui est la Basse, se transporte dans les autres Parties, ou même ne s’exprime point du tout ; & un tel Accord s’appelle Accord renverse. Dans le fond un Accord renversé ne différé point de l’Accord direct qui l’a produit ; car ce sont toujours les mêmes Sons : mais ces Sons formant des combinaisons différentes, on a longtems pris toutes ces combinaisons pour autant d’Accords fondamentaux, & on leur a donne différens noms qu’an peut voir au mot Accord, & qui ont achevé de les distinguer, comme si la différence des noms en produisoit réellement dans l’espece.