Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/213

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LIVRE TROISIÈME 2o3

bon équilibre, il faut, tout compensé, qu'il y ait égalité entre le produit ou la puissance du gouverne- ment pris en lui-même, et le produit ou la puissance des citoyens, qui sont souverains d'un côté et sujets de l'autre (').

De plus, on ne saurait altérer aucun des trois ter- mes sans rompre à l'instant la proportion. Si le sou- verain veut gouverner, ou si le magistrat veut donner des lois, ou si les sujets refusent d'obéir, le désordre succède à la règle, la force et la volonté n'agissent plus de concert, et l'Etat dissous tombe ainsi dans le despotisme ou dans l'anarchie. Enfin, comme il n'y a qu'une 'moyenne proportionnelle entre chaque rapport, il n'y a non plus qu'un bon gouvernement possible dans un Etat ( 2 ). Mais comme mille évé- nements peuvent changer les rapports d'un peuple, non seulement différents gouvernements . peuvent être bons à divers peuples, mais au même peuple en différents temps.

Pour tâcher de. donner une idée des divers rap- ports qui peuvent régner entre ces deux extrêmes, je prendrai pour exemple le nombre du peuple, comme un rapport plus facile à exprimer ( 3 ).

(*) En effet, de la proportion ci-dessus on peut tirer: G 2 = S x E.

( 2 ) Dans la proportion ei-dessus, la valeur de G est en effet déterminée par les valeurs de S et de E, et doit varier proportionnellement à celles-ci.

( 3 ) Remarquer que le mot rapport, qui revient dans ce passage presque à toutes les lignes, est pris chaque fois dans une acception différente, souvent fort vague. Ainsi le nombre d'un peuple n'est pas un rapport. Rousseau veut dire qu'il va étudier les rapports des trois termes S, E et G, en ne tenant compte que du nombre des citoyens.

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