Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/266

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256 DU CONTRAT SOCIAL

Quant aux retours plus ou moins fréquents des assemblées légitimes, ils dépendent de tant de con- sidérations qu'on ne saurait donner là-dessus de règles précises. Seulement, on peut dire en général que plus le gouvernement a de force , plus le souve- rain doit se montrer fréquemment.

Ceci, me dira-t-on, peut être bon pour une seule ville ; mais que faire quand l'Etat en comprend plusieurs? Partagera-t-on l'autorité souveraine, ou bien doit-on la concentrer dans une seule ville et assujettir tout le reste ?

Je réponds qu'on ne doit faire ni l'un ni l'autre. Premièrement, l'autorité souveraine est simple et une, et l'on ne peut la diviser sans la détruire. En second lieu, une ville, non plus qu'une nation, ne peut être légitimement sujette d'une autre, parce que l'essence du corps politique est dans l'accord de l'obéissance et de la liberté, et que ces mots de sujet et de souverain sont des corrélations identiques dont l'idée se réunit sous le seul mot de citoyen ( 1 ).

Je réponds encore que c'est toujours un mai d'unir plusieurs villes en une seule cité, et que, vou- lant faire cette union, l'on ne doit pas se flatter d'en éviter les inconvénients naturels. Il ne faut point objecter l'abus des grands Etats à celui qui n'en veut que de petits (*). Mais comment donner aux petits Etats assez de force pour résister aux grands, comme jadis les villes grecques résistèrent au grand roi, et

(*) Voir I, \\,fin.

{-) Rousseau a déjà déclaré implicitement cette préfé- rence, puisque la démocratie n'est possible que dans des États très petits.

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