Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/267

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LIVHE TROISIÈME 2,5}

comme plus récemment la Hollande et la Suisse ont résisté à la maison d'Autriche^)?

Toutefois, si l'on ne peut pas réduire l'État à de justes bornes, il reste encore une ressource : c'est de n'y point souffrir de capitale, de faire siéger le gou- vernement alternativement dans chaque ville et, d'y rassembler aussi tour à tour les États du pays ( 2 ).

Peuplez également le territoire, étendez-y partout les mêmes droits, portez-y partout l'abondance et la vie ; c'est ainsi que l'État deviendra tout à la fois le plus fort et le mieux gouverné qu'il soit possible. Souvenez-vous que les murs des villes ne se forment que du débris des maisons des champs. A chaque palais que je vois élever dans la capitale, je crois voir mettre en masures tout un pays.

��CHAPITRE XIV

SUITE

A l'instant que le peuple est légitimement assemblé en corps souverain, toute juridiction du gouverne- ment cesse, la puissance executive est suspendue, et la personne du dernier citoyen est aussi sacrée et

(*) C'est-à-dire, par des confédérations et des alliances. Sur cette importante question, voir ci-dessous 111, xv, fin et la note.

( 2 ) Dans le Projet de Constitution pour la Corse, Rous- seau voulait une capitale qui fût surtout un a chef-lieu » et qui « n'attirât pas les habitants ». Il proposait Corte, à cause de la situation centrale de cette ville.

�� �