Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/303

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LlVltK QUATRIÈME 29'i

Au nouveau partage de Servius, ce nombre de trente ne pouvant se répartir également dans ses quatre tribus, il n'y voulut point toucher, et les curies, indépendantes des tribus, devinrent une autre division des habitants de Rome ; mais il ne fut point question de curies, ni dans les tribus rustiques, ni dans le peuple qui les composait, parce que, les tribus étant devenues un établissement purement civil et une autre police ayant été introduite pour la levée des troupes, les divisions militaires de Romulus se trouvèrent superflues. Ainsi, quoique tout citoyen fût inscrit dans une tribu, il s'en fallait de beaucoup que chacun ne le fût dans une curie (').

Servius lit encore une troisième division, qui n'avait aucun rapport aux deux précédentes et devint, par ses eifets, la plus importante de toutes. Il dis- tribua tout le peuple romain en six classes, qu'il ne distingua ni parle lieu, ni par les hommes, mais par les biens; en sorte que les premières classes étaient remplies par les riches, les dernières par les pauvres et les moyennes par ceux qui jouissaient d'une for- tune médiocre. Ces six classes étaient subdivisées en cent quatre-vingt-treize autres corps, appelés cen- turies, et ces corps étaient tellement distribués que la première classe en comprenait seule plus de la moitié, et la dernière n'en formait qu'un seul. Il se trouva ainsi que la classe la moins nombreuse en hommes l'était le plus en centuries, et que la dernière classe entière n'était comptée que pour une subdivi- sion, bien qu'elle contînt seule plus de la moitié des habitants de Rome.

(*) L'importance des assemblées par curies, d'abord prépondérante sous la royauté, alla ensuite en déclinant.

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