Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/69

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INTRODUCTION 5a,

et compris : ni ses adversaires ni ses partisans ne s'y sont trompés.

Mais si le « ton » du Contrai, si l'esprit qui anime ces doctrines abstraites s'expliquent avant tout par la personne même de Rousseau, les théories qui compo- sent son système politique se ressentent assurément d'influences diverses, qu'il faut rechercher.

L'une des plus apparentes, c'est l'influence de Genève : mais encore faut-il bien entendre en quoi elle a consisté et comment elle s'est exercée, car il s'est formé à ce sujet deux théories aujourd'hui tort répandues, l'une, ancienne déjà, qui considère la Genève protestante du xvm e siècle, l'autre, plus récente, qui remonte jusqu'à la Genève catholique d'avant Calvin, et qui me parais- sent, l'une très exagérée, l'autre tout à fait fausse.

La première — et la plus plausible d'ailleurs — s'au- torise du témoignage de Rousseau lui-même. Dans la Dédicace du Discours sur l'Inégalité, dédicace qui aurait pu servir plus naturellement de préface au Contrat social, Rousseau avait fait de sa ville natale le plus enthousiaste et le plus minutieux panégyrique ; plus tard, lors des persécutions que lui suscitèrent à Genève YÉmile et le Contrat lui-même, il dirigea de vives atta- ques contre la constitution de Genève « dans son état actuel », mais il n'en persista pas moins à soutenir qu'elle était excellente « dans son état légitime (*) »; dans les Confessions ( 2 ) et dans les Dialogues ( 3 ), il déclare même qu'en écrivant le Contrat « il avait travaillé pour sa patrie et pour les petits Etats consti- tués comme elle » et qu'on a eu tort de vouloir donner une portée générale à des considérations qui n'avaient

i l ) ""- Lettre de la Montagne, début. Voir aussi toute la fin de la 6 e .

( 2 ) Conf., II, xi (1756).

( 3 ) 3" dial. p. 477.

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