Page:Rousseau - Du contrat social, 1772.djvu/283

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qu'à ce qu’une nouvelle rencontre nous offre un nouveau combat : cependant je veux supposer pour un moment que ces Décrets émanés d’une force illicite & injurieuse à nature, fussent tolérables; par quelles étranges raisons pourriez-vous me persuader que l’exil est un monument glorieux ; le bannissement, au contraire, le partage de lopprobe & de l'infamie ? habitude honteuse pour un Philosophe ? d'envisager & de juger des objets suivant les misérables préjugés d’une troupe d’esclaves & d’imbeciles, qui veut donner des fers à la nature entière ! Exiler un homme libre, d’un certain lieu, & le confiner dans un autre qui lui est circonscript, avec défense d'en sortir sous des peines plus rigoureuses, c’est l'acte le plus despotique que l’on puisse jamais imaginer de la part de celui qui l’exerce, & l’esclavage le plus ignominieux & le plus accablant pour celui qui le subit; il n’a plus à craindre que le cachot ou la mort, que dis-je, il doit bien plutôt la désirer. Je rendrai donc cette justice à ceux que se disent mes juges, à ceux qui viennent de briser mes fers en me