Page:Rousseau - Du contrat social, 1772.djvu/285

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ce tout, & chacun des autres individus étant dans le même cas, les loix de l’équilibre & de l’égalité, se trouvent parfaitement remplies dans cet état des choses. Mais supposons encore, je le veux pour un moment, que le continent que nous habitons ( je borne mes prétentions à cette partie du monde parce que je suis persuadé que les animaux terrestres d’un Continent n’ont aucun droit à prétendre dans les autres parties du monde, la nature ayant elle-même établi des limites à cet égard que l’homme n’a pu franchir sans se rendre criminel autant que malheureux; ) supposons, dis-je, que le Continent que nous habitons, eut été divisé par nos peres d’une maniere égale entr’eux, ne seroit-ce pas le comble de l'extravagance, de soutenir que ce partage est irrévocable à l’égard de leur postérité, que les révolutions que le temps y a apporté doivent pareillement subsister, que ceux qui auront reçu le jour d’un fourbe, d’un fripon, d un traitre, d’un diable en un mot, seront ainsi nés dans une criminelle abondance au préjudice d'un homme de bien, Tons les hommes