Page:Rousseau - Du contrat social, 1772.djvu/287

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dévolue à titre d’animal, portion inséparable de mon individu, mobile , errante comme lui de climat en climat : toujours placé dans le centre de ce patrimoine territorial, je ne suis pas plutôt chassé d’un lieu par une force irrésistible, qu’il change de place avec moi; ce n’est que par ma destruction individuelle que je peux le perdre; or comme j’ai actuellement plus de liberté que jamais de le porter sur toute la surface de ce Continent, mon droit de jouir du tout successivement, est sans contredit le droit le plus incontestable. Enfin, j'ajoute que je renonce pour toujours à leurs Loix, à leurs Usages, à leurs Coutumes, que je me dépouille avec transport de toutes marques, de tout caractere d’homme civilisé, & même du titre d’homme qui ne manqueroit pas de m’attirer la haine & le mépris de mes Compatriotes nouveaux, que je n’attends d’autre protection, d’autre secours contre ceux qui voudroient attenter a ma liberté, que celui de mes mains, & des autres armes défensives que la nature m’a donnée; heureux le funeste séjour que j’ai fait parmides