Page:Rousseau - La Monongahéla, 1890.djvu/12

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
14
La Monongahéla

ment de la colonie. Le gouverneur répondit à ces bons procédés par la plus noire ingratitude et suscita à Mgr de Laval, dans la suite, les plus grands chagrins au sujet de la traite de l’eau-de-vie avec les sauvages. Pour se venger de cette guerre intestine de la part du premier magistrat de la Nouvelle-France, tout le temps qu’elle dura, l’évêque faisait célébrer chaque jour une messe pour obtenir du ciel la conversion de celui qui l’injuriait. Disons de suite qu’il eut la consolation de le voir mourir dans les sentiments du plus vif repentir. Sur sa demande expresse, M. de Mésy fut enterré sans éclat, sans pompe funèbre, dans le cimetière des pauvres de la ville.

C’est aussi pendant son séjour à Caën que l’abbé de Montigny donna les premières preuves des hautes destinées où l’appelaient ses éminentes qualités, en gagnant un procès considérable en faveur d’une communauté d’hospitalières. Il déploya en cette circonstance un fond de connaissances, une richesse de savoir et une familiarité avec la jurisprudence qui surprit tous ceux qui avaient cru le connaître jusque-là, mais n’avaient pas même soupçonné la vaste étendue de son érudition.

L’accroissement toujours plus rapide des missions du Canada nécessitait la présence d’un évêque. Les pieux fondateurs de ces missions lointaines, et notamment le vénérable Olier, chargèrent Mgr Gaufre