Page:Rousseau - La Monongahéla, 1890.djvu/11

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
13
La Monongahéla

aînés le força de quitter l’habit ecclésiastique pour se consacrer au soin de ses parents et à l’administration de leur fortune, malgré sa grande répugnance à rentrer dans le monde. Aussi se débarrassa-t-il bientôt de ces devoirs temporels pour s’incorporer de nouveau dans la milice du sanctuaire.

À dix-huit ans, il se rendit à Paris pour faire son cours de théologie qu’il continua sans interruption jusqu’à son ordination qui eut lieu vers 1646. Un an auparavant, il avait été nommé archidiacre d’Évreux, charge qu’il remit cinq ans plus tard en faveur de son pieux précepteur, Henri-Marie Boudon, écrivain distingué, auteur de plusieurs ouvrages ascétiques.

C’est vers cette époque que M. de Laval, plus connu alors sous le nom d’abbé de Montigny, renonça, non-seulement à tous les biens dont il avait hérité de ses frères, mais même à son propre patrimoine.

Il se retira ensuite auprès de M. de Bernières de Louvigny, trésorier de France pour la généralité de Caën, qui habitait son ermitage où se réunissait l’élite des jeunes gens distingués par leur piété et leurs bonnes mœurs.

Pendant son séjour chez M. de Bernières, qui dura quatre années, l’abbé de Montigny se lia avec M. de Mésy qu’il fit préposé plus tard au gouverne-