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La Monongahéla

riche diamant, devait attirer les regards par la beauté de son visage et sa haute mine.

Donc, aussi remarquable que remarqué, il ne pouvait manquer non plus d’attirer l’attention de Dona Maria de Vilescas. Du reste, on prétend que d’un œil obstinément fixé sur une personne s’échappent des effleuves magnétiques qui invitent infailliblement le regard de cette même personne.

Nous n’avons pas la prétention de rechercher la vérité de cette théorie. Quoiqu’il en soit, le regard de la jeune fille, à un moment donné, rencontra celui du jeune homme qui instinctivement, porta la main à son cœur. Dona Maria rougit et baissa les yeux.

Cependant des jeunes gens, vêtu d’un simple habit de soie, armés seulement d’une lance, montés sur de rapides coursiers, s’élancent dans l’arène, et faisant une courbe gracieuse, viennent saluer la tribune de Don Pedro.

Des soldats à pied, plus légers encore, les cheveux enveloppés dans des réseaux, tenant d’une main des voiles de pourpre, de l’autre des lances aiguës, se placent à quelque distance des cavaliers qui ont pris du champ.

L’alcade, s’avançant sur le bord de la tribune du commandant, proclame la loi du spectacle, qui est de ne secourir aucun combattant, de ne leur laisser d’autres armes que la lance pour immoler et le voile pour exciter la fureur de l’animal.